February 4, 2019
articles / Featured

Roody Roodboy : l’inconscience d’un sans konsyans

Post Image

 

Ces jours-ci, le carnaval de Roody Roodboy n’est que sujet de controverse. Comme le personnage d’ailleurs qui a bâti sa carrière sur un coup de scandale qui au grand dam de certains, l’a propulsé dans la sphère du star système haïtien du jour au lendemain. Après avoir violenté, voir presque tuer sa conjointe de l’époque, la diva Rutshelle Guillaume, le chanteur s’est vu supporter par des milliers jeunes hommes et femmes haïtiennes pour  son geste de macho à l’ego fragile. Il a suffi qu’il accuse cette femme de « bouzen» pour que notre société trouve justification dans ses actions plutôt barbares et sans grand caractère. Pour ensuite, affecter un faux sens du remords en dédiant sa chanson, «pran swen li» au prochain homme qui prendra sa relève. Acte sincère ou mise en scène stratégique?  Nul ne le sait vraiment. De par ses actes, il a failli à son devoir d’homme qui est de protéger une femme, sa femme.  Son orgueil incontrôlé a failli coûter la carrière de la diva, que ce petit peuple «sovaj» a crucifiée et crucifie encore pour avoir osé porter atteinte, à l’ego d’un mâle en manque de pouvoir. L’avait-on qualifié lui, de sauvage à ce moment-là pour ce geste répréhensible?

Au mois d’octobre 2018, le chanteur perdit sa mère dans des circonstances exécrables, pour une somme ridicule. Attristé, peiné, Roody déverse sa colère  et se fait jacassant sur les raisons qui causa la plus grande perte de sa vie. Raisons, que plusieurs dénoncent  et dénonçaient déjà sur les réseaux sociaux. Dénonciation écriée lors des manifestations pacifiques du peuple «sovaj» qui revendiquaient des conditions de vie acceptables et une enquête sur l’argent du pétro caribe. Ce même petit peuple sans konsyans a pleuré avec lui cette perte. Ce même peuple qui l’a excusé, défendu quand il a affirmé que la perle des Antilles avait besoin d’un Hitler pour la diriger. Ce peuple était-il sans konsyans quand une fois encore, il défendait les actions de l’artiste?

L’artiste semble ne rien avoir compris de ses bavures, de ses «erreurs». Celui qui s’est auto proclamé président, s’est une fois de plus fourré les pieds dans les plats. Sa meringue «sans konsyans», qui se veut un carnaval à caractère social, dénonciateur comme il est de mode  ces temps-ci, soulève la courroux de plus d’un. Dans un même texte, le chanteur a d’une part, repris les revendications des pétros manifestants. D’autre part, il a sans la moindre gêne, salué  des gens, dont le nom est présumé relier au gaspillage des fonds publics. Pour finir, dans un excès de confiance, il a fini par rappeler au petit peuple qu’il n’était après tout,  qu’un peuple «sovaj» et «sans konsyans».

Nombreux sont ceux, sans avoir pris le temps d’écouter la meringue, ont clamé haut et faut que le chanteur allait une fois encore être le champion du carnaval. Excusant encore une fois, un texte sans grande réflexion, débordant d’une frustration mal canalisée. Cependant, dans toute sa sauvagerie, ce petit peuple est en train de se demander si le président Roody a une conscience après tout. Peut-on mordre la main qui nous nourrit sans en payer les conséquences? Roody devra apprendre cette leçon avec conscience s’il veut continuer dans sa trajectoire. Espérons que cette fois-ci, il ne viendra pas avec des excuses vides et s’attendre au pardon des sauvages. Prions pour que l’artiste revienne humble et mature. Seul l’avenir nous dira si «ce petit peuple sans konsyans » peut pardonner son insouciante arrogance.

©Guerline Toussaint 2019. Tous droits réservés. Blogueuse événementielle Playmizik.inc

Share this...
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter

Comments

Currently there are no comments related to this article. You have a special honor to be the first commenter. Thanks!

Leave a Reply or Comment

* Your email address will not be published.
You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>